Séminaire national : quelle politique nouvelle pour les EPN ? organisé par la DUI en présence de Mme Fleur Pellerin, Ministre Déléguée chargée des PME, de l'Innovation et de l'Économie Numérique (Paris, 15 février 2013)
Une reconnaissance des EPN et de la médiation numérique:
Non contents d'avoir démontré leur utilité sociale, impulsés sous Lionel Jospin et relégitimés par Fleur Pellerin à l'occasion de ce séminaire du 15 février 2013, les Espaces Publics Numériques inventent le deuxième niveau d'utilité sociale: ils poussent aujourd'hui la question de l'inclusion numérique en l'amenant jusqu'à la prise en compte des "décrocheurs", coeurs de cible du programme Emplois d'Avenir, jusqu'à "créér" 6 nouveaux métiers pensés pour faciliter l'accès à l'emploi de ces jeunes, en s'appuyant sur leurs compétences de natifs digitaux, de leurs passions pour le détournement des objets technologiques ou de leurs propres pratiques culturelles.
C'est donc par le biais de la valorisation de leurs pratiques, de leurs propres cultures numériques, que le secteur de la médiation numérique propose d'accueillir ces futurs travailleurs de la société numérique.
C'est en s'impliquant dans un transfert massif de 15 années de compétences développées par les Animateurs Multimédias, et autres médiateurs numériques, que ce secteur, riche de sa diversité (médiathèque, centres sociaux, maison de service pubics, cyberbase, ...) fait une fois de plus la démonstration de ses valeurs de partage, de coopération et de mise en commun des compétences.
Cet engagement qui vaut soutien à un enjeu fondamental qui est l'inclusion de tous dans l'emploi, croise le dispositif gouvernemental, des Emplois d'Avenir. La prise en charge de ces personnes éloignées de l'emploi se traduit - et c'est heureux - par un abondement de l'Etat, par la prise en charge d'une partie des coûts de rémunération de ces emplois d'avenir.
Certaines Conseils Régionaux s'impliquent notamment par le soutien aux actions de formation.
Les organismes collecteurs de la formation professionnelle également (et notamment Uniformation).
Il convient de rappeler que ces lieux, souvent associatifs, parfois portés par des collectivités, seront en situation d'être les mécènes de ce dispositif - tout au moins à hauteur du reliquat restant à financer.
Il convient aussi de rappeler que ces dispositifs financiers ne règlent en rien la question du financement des activités et des projets portés par ces EPN.
Il est avéré en revanche que cette "réactivation" qui prend la forme d'une reconnaissance par la Ministre Fleur Pellerin, sous l'impulsion de la Délégation aux Usages de l'Internet, est salutaire pour notre secteur. Mais ce n'est qu'un premier pas...
Un premier pas vers un cadre pérenne d'action pour la médiation numérique ?
Si nous devons saluer cette reconnaissance par la Ministre Fleur Pellerin, nous postulons qu'il ne s'agit pas là que d'un engagement conjoncturel visant à assurer la réussite plus globale du dispositif des Emplois d'Avenir.
Qu'il s'agit là d'un premier pas - encourageant - d'une démarche plus globale.
En effet la question de la médiation sociale des enjeux du numérique ne peut se limiter à jouer le rôle d'amortisseur social du chômage.
De la même manière que la médiation des usages numériques ne saurait se limiter qu'aux seules questions des EPN et aux questions d'inclusion numérique.
C'est de l'accompagnement aux transformations de nos espaces et nos pratiques de découvertes, de loisirs, de travail, de représentations du monde, de "vivre-ensemble" qu'il s'agit.
C'est de l'accompagnement aux nouvelles manières d'entreprendre, de vivre son territoire, d'apprendre, d'accéder à l'emploi dont il est question.
C'est de la capacité à imaginer de nouveaux champs de développements industriels, de construire les économies de la connaissance, avec toute la préoccupation d'expérimenter et d'inventer les indispensables situations d'emplois de demain qu'il s'agit.
D'un développement économique relocalisé qu'il convient de se saisir.
Le tout en produisant une distance critique salutaire, hors de toute fascination technologique, en s'attachant à dépasser l'écume des dernières innovations "branchouilles", pour comprendre et contribuer à cette transformation sociale profonde.
Ce dont il s'agit c'est de l'implication assumée de chacun dans l'orientation que notre société numérique prendra.
Le remède ou le poison...
Ré-enchanter la médiation numérique:
C'est paroxalement dans ce cadre qui dépasse largement la question des EPN... que les EPN doivent évaluer leurs 15 années d'actions et d'activisme.
Et refonder leurs rôles.
Il ne pourront le faire que si ce chantier devient enfin équitable.
C'est-à-dire qu'on assume de ne pas les abandonner à des seules logiques de survie.
Et que, réciproquement, les EPN soient capables de monter en compétences.
Que les Animateurs Multimédias s'intéressent à donner une âme à nos sujets.
A s'extirper des rôles "d'accompagnateurs conjoncturels de la découverte de l'ordinateur" dans lequel ils se sont parfois laisser enfermer.
A devenir porteurs, certes de l'innovation numérique, mais aussi des nouveaux modes de construction de projets (ingénierie de projet), au service d'un solide corpus de réflexion sur les implications et enjeux du numérique, comme autant de hussards de la République que furent les instituteurs de la IIIème République.
Conjuguer les enjeux de l'Education Populaire aux stratégies de développement de réseaux de compétences numériques relocalisées.
Ce n'est pas seulement parce qu'il y a toujours des "nouveaux produits" technologiques que la raison d'être des EPN est fondée pour les années à venir.
C'est bien parce les transformatons sociales liées au numérique sont et seront profondes.
Parce que les raisons de fractures et de ruptures sont nombreuses.
Et surtout parce les acteurs questioneront et comprendront le coeur de ces transformations, puis agir dessus, que se fera ou non l'avenir de la médiation des usages numériques.
C'est de la capacité à faire comprendre qu'il n'y aura pas de développement d'une économie du numérique sans appropriation non seulement des nouveaux usages, mais aussi et surtout des nouveaux modes de construction des innovations, de leurs diffusions, de la prise en compte des nouvelles chaines de création de valeur et tant d'autres choses que viendra le salut d'une société numérique. Et c'est bien là la place de la médiation numérique.
Qui n'est donc pas qu'en direction des citoyens.
Mais aussi des acteurs du développement local. Des acteurs du tourisme. Des acteurs industriels. Des acteurs publics. Bref de tous les acteurs de la Cité. Et réciproquement...
De la déclaration d'intention à la mise en oeuvre opérationnelle de politiques publiques:
La médiation sociale des usages numériques ne peut devenir l'objet de batailles stériles entre échelons de collectivités territoriales, voire entre services de l'Etat. Cette situation, vécue depuis 15 ans, bien que toxique pour les acteurs, les territoires et l'intérêt général, semble pourtant destinée à persister lorsqu'on regarde le projet de loi portant réforme des collectivités territoriales.
Nous plaçons donc tous nos espoirs dans la capacité de notre Ministre, Fleur Pellerin, à porter ce sujet lors du prochain séminaire gouvernemental du 28 février sur les questions numériques.
Mais réciproquement, notre secteur n'a pas non plus vocation à ne se maintenir que sous perfusion de deniers publics. S'il est équitable qu'une part significative, relevant de l'utilité sociale, puisse et soit financée par le produit de la solidarité nationale, la convergence d'intérêts doit permettre d'hybrider les formes de financements.
Mutualiser, coopérer... équitablement.
Les stratégies de mutualisation sont au coeur des pratiques des EPN et des acteurs de la médiation sociale.
Mais elles ne doivent pas servir d'alibi à des coupes franches dans le financement de ces acteurs pris séparement. Sans quoi, il s'agit de restructuration comme disent nos collègue du développement économique.
La fragilisation des acteurs rend mécaniquement la mutualisation impossible.
La mutualisation de déficits n'a jamais produit de richesses...
Et pourtant... la mise en réseau des acteurs montre depuis maintenant 15 ans que les stratégies de coopérations produisent bien plus de richesses et d'innovations que la mise en concurrence des acteurs entre eux (quand bien même ce serait par des mécanismes d'appel à projet dont les effets toxiques sont manifestement supérieurs aux effets vertueux pour l'ancrage durable des actions).
De là à penser que les pôles de coopération sont résolument plus durables que les pôles de compétitivité... ;-)
Innover... jusque dans le portage des actions:
Des mécanismes simples doivent pouvoir émerger. A condition qu'ils viennent compléter les plans de financement et non justifier le désengagement de la puissance publique:
- construction de fonds de dotation d'intérêts locaux permettant de soutenir les phases de prototypage
- implication des parties prenantes autour des enjeux du numérique (entreprises, fondations des mutuelles notamment) dans les mécanismes de financement et de retour sur investissement.
- mise en oeuvre de stratégies (notamment fiscales) permettant de capter un retour financier sur la valeur produite, notamment par les citoyens autour de leurs données personnelles, pour financer les actions de la médiation numérique (Rapport Collin & Colin)
- connexion entre les acteurs porteurs d'innovation (FabLab, LivingLab, etc...) et les acteurs capables de porter industriellement les mises sur le marché, sur la base de contractualisations équitables (Economie Créative, travail sur les externalités positives).
Fédérer les parties prenantes:
On le voit, la condition de telles ambitions est une structuration dans lesquelles toutes les parties prenantes prennent leurs responsabilités:
- l'Etat par son triple rôle de législateur, de régulateur et de stratège : imaginer les cadres, abonder le coeur de la démarche et mandater explicitement les EPN, les acteurs ressources et les acteurs de la médiation numérique.
- les Collectivités: autour de leurs compétences réglementaires, repositionner la question de la médiation numérique comme une stratégie bien plus ambitieuse que le seul accès public à internet.
Au-delà, et c'est bien évidemment l'ensemble des acteurs (Entreprises, Filières, Universités, etc...) qui doivent être impliqués. C'est certainement autour des SGAR, des lieux de concertation et de représentations socio-économiques (CESE et CESER) que ces questions devront être portées.
A l'intiative de l'Etat.
C'est pourquoi nous saluons que ce sujet soit porté à l'occasion du séminaire interministériel sur le numérique du 28 février 2013.
C'est pourquoi également il convient de saluer le travail de la Délégation aux Usages de l'Internet.
Mais le séminaire de ce jour ne doit être que l'amorce d'un travail de fond sur ces questions.
C'est pourquoi cette logique de seminaire doit devenir - a minima - semestrielle.
Elle doit se faire en concertation avec les acteurs de l'éducation populaire, de l'éducation, du développement économique, de la culture, de l'emploi, de l'économie sociale et solidaire...
Elle doit donner lieu à des productions partageables.
Cette première étape, doit se traduire par une réelle relance des moyens mobilisables et coordonnés sur ce sujet.
D'autant qu'en l'absence totale actuelle de moyens dédiés et explicites, le moindre euro investi représentera une augmentation collosalle ;-)
Voilà une innovation, créatrice d'emploi qui pourrait ne pas couter cher !
Sans quoi "cette première depuis 10 ans" risque de ne pas avoir l'effet levier que nous espérons tous et que nous appellons tous de nos voeux.
Bref, pour que comme l'a souligné notre Ministre, Fleur Pellerin, dans son discours, nous puissions résolument constater que "le changement c'est maintenant" ;-)
cf/ http://www.netpublic.fr/2013/02/seminaire-quelle-politique-nouvelle-epn/
Gérald Elbaze.
Directeur, Médias-Cité
Centre de Ressources pour les Usages du Multimédia
crédit photo : www.pedagojeux.fr
A l'occasion des Destinées numériques 2012 (Talence, le 18 octobre 2012); Médias-CIté est intervenu sur l'atelier : "Usages numériques créatifs pour la valorisation du patrimoine : Quand le numérique rapproche l'homme, la culture et le territoire / Panorama de projets et d’expériences"
Ci-dessous la présentation utilisée pour notre intervention :
Usages numériques créatifs & patrimoine on Prezi
Lien vers le site des Destinées Numériques 2012 : http://www.destineesnumeriques.com/
L'approche de Médias-Cité pour cette thématique et en particulier ce projet est celle d'acteur culturel ancré dans les stratégies de médiation.
Nous nous situons sur un lieu culturellement ancré dans l'accès à un fond documentaire (la médiathèque) qui développe des approches de modes mode d'accès à l'information (cyberbase) notamment à destination des jeunes (pointCyb).
Comme toutes les médiathèques, (enfin nous l'espérons...) la question du numérique se pose de plus en plus, et au-delà du seul aspect de gestion et de l'accès au fond documentaire. Dans le cas précis, ne serait-ce que dans le contexte de la Fête de l'Internet.
Les Assises de la médiation numérique permettront d'ouvrir:
- un temps de réflexion prospective sur le devenir de l'accès public au numérique,
- un espace d'échange et de créativité propice à définir, identifier et mettre en perspective la notion de médiation numérique,
- un champ de rencontres entre l'ensemble des acteurs éducatifs, sociaux, culturels amenés à repenser leurs missions en intégrant la place des médiations numériques.
MCDate, café numérique. Lundi 11 avril 2011 à 19h
Maison des Métallos
Regards d’Artistes sur les Médias Sociaux
Gérald Elbaze, directeur de Médias-Cité, nous explique les enjeux de la biennale Panoramas, organisée en partenariat avec le GPV et le bruit du Frigo près de Bordeaux.
Tout au long l'année Médias-Cité produit, à l'occasion notamment des projets accompagnés, des ressources (documentaires, pédagogiques, médias, etc...). L'association les restitue ici pour contribuer aux biens communs.
